UNE DELEGATION VENDEENNE AUDITIONNEE PAR L’OBSERVATOIRE DE LA LAICITE (intervention du CDAFAL85)

CDAFAL85 - Conseil Départemental Jean Luc AVIDE

UNE DELEGATION VENDEENNE AUDITIONNEE PAR L’OBSERVATOIRE DE LA LAICITE (intervention du CDAFAL85)

6 septembre 2018 Non classé 0

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres de l’Observatoire national de la Laïcité.

L’association des Familles Laïques créée en Vendée en 2014, représente une avancée pour toutes les familles respectueuses de la laïcité. Notre développement nous a permis de constituer un conseil départemental(CDAFAL85) membre du CNAFAL et d’être présente à l’UDAF 85 et de la CAF.

En Vendée, le champ familial (conception de la famille, politiques familiales et sociales, conceptions de l’éducation et du statut social de l’enfant) est l’épicentre d’un affrontement entre des courants de pensées opposés. Ce qui explique la virulence des attaques contre la loi Veil, contre le mariage entre les personnes de même sexe et contre le développement de l’école publique.

Notre place au sein du Carrefour Laïque ouvre les échanges sur le champ de la famille. Nous souhaitons pouvoir représenter, défendre et accompagner les familles lorsqu’elles se sentent dépossédées de leurs droits moraux et sociaux, notamment dans le domaine éducatif.

Toutes les familles vendéennes n’ont pas la même chance d’accéder au service public d’éducation. Le chemin de l’école peut alors devenir difficile, discriminant, coûteux, épuisant, (ex : les enfants de la commune de MACHE).

Dans la commune de Maché, comme dans d’autres communes, les familles ne peuvent pas offrir à leurs enfants une scolarité en adéquation avec leur choix éducatif familial. Elles ont l’impression d’être contraintes ou de partir chercher plus loin un établissement scolaire d’accueil.

La dualité scolaire oblige les familles à être dans un camp ou bien un autre, cette réalité divise, sépare les enfants et installe le sentiment d’exclusion ou de rejet. Les pressions morales sur les familles peuvent être exercées lors de l’inscription sur un registre à la mairie. Des parents d’élèves sont venus se confier pour dénoncer ces pratiques issues d’un autre temps.

La République devrait-elle financer et favoriser des écoles communautaires de la différenciation sociale favorisant les injustices scolaires et la ségrégation idéologique ? Pour la jeunesse, pour les familles nous demandons une égalité des droits d’une commune à l’autre. L’émancipation tant recherchée au sein des familles conjugue émancipation intellectuelle et justice sociale.

Dans ce contexte la contrainte financière est de plus en plus lourde pour les familles. La gratuité de l’école publique est un leurre. Scolariser ses enfants dans la commune voisine renforce les inégalités : les frais de transport, de restauration et de garderie sont plus élevés. Les rythmes imposés aux enfants dès la maternelle ne sont pas supportables. Le problème de mobilité fragilise les familles les plus modestes qui souvent capitulent et inscrivent leur enfant dans une école privée.

La cohésion sociale, le vivre ensemble au sein d’une même commune devient difficile. Être scolarisé dans des écoles différentes peut avoir des répercussions lors des activités de loisirs ou culturelles. Au quotidien, le dualisme scolaire induit des pratiques et des différenciations des activités éducatives complémentaires de l’école.

Pour les familles laïques, il ne devrait pas y avoir un système solaire privé catholique aussi institutionnalisé, il crée des disfonctionnements préjudiciables pour de nombreuses familles et leurs enfants. Dans ce département, dans de nombreuses communes il n’est pas facile de scolariser ses enfants dans une école publique. Nous affirmons qu’il ne peut aussi y avoir de modèle familial imposé, de famille type prétendument intemporelle et traditionnelle voulant imposer aux autres son modèle éducatif. Pour les Familles Laïques la citoyenneté, l’égalité des sexes, la mixité sociale constituent des défis, des enjeux de société pour l’école publique.

La Présidente du CDAFAL85

Madame Yolande BURNELEAU

 

En illustration de mes propos : témoignage de la facture républicaine due à l’absence d’école publique. (Article paru dans Ouest-France le 13 /07/2018, intitulé : Clément Chevolleau, la République au cœur) 

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